Approches Interdisciplinaires du Web

Suivez les évenements liés au projet de master AIW

La Terre vue du Web

with 7 comments

IntervenantsRésuméDocumentsVidéoCompte renduLe cycle de conférences

Conférence-Débat le mercredi 7 octobre 2009, 18h-20h

Lieu: La Cantine. 151 rue Montmartre, Passage des Panoramas, Paris 2e. Plan d’accès

Intervenants:

  • Denise Pumain, géographe, Professeur a Paris I Panthéon Sorbonne, directrice et fondatrice de Cybergeo, European Journal of Geography depuis 1996 , co-directrice de l’Espace Géographique, directrice du Groupe de Recherches Européen “S4” (European  Spatial Simulation for Social Sciences)
  • Fabien Girardin, ingénieur et docteur en informatique et communications numériques, il a récemment co-fondé Lift lab, une agence de recherche dans le cadre duquel il mène des études sur la co-évolution des technologies mobiles avec les pratiques humaines dans le contexte urbain.

Résumé:

L’essor des technologies de l’information, de communication et de géolocalisation transforme le rapport de l’homme à l’espace géographique. En effet, le territoire est de plus en plus chargé d’informations géolocalisées, et la carte qui représente ce territoire s’enrichit et s’actualise en temps réel. Le territoire devient une carte à l’échelle 1:1. La carte devient le territoire. Cette capture à l’échelle du monde physique est augmentée par des couches d’informations invisibles fournies par de nouvelles sources de données: de l’imagerie spatiale infrarouges aux millions de capteurs géolocalisés que sont les téléphones portables, les caméras de surveillance, les capteurs météo, etc… La richesse et la résolution temporelle et spatiale des données numériques a crû de plusieurs ordres de grandeur et leur accumulation permet maintenant de révéler l’évolution dans le temps de phénomènes sociaux, environnementaux, économiques (ancrés dans l’espace).
Lorsque l’accès à ces nouvelles ‘informations géographiques devient universel, l’expérience de chaque individu et acteur avec son environnement s’en trouve changée. Autrefois réservé à l’État et aux grandes entreprises, l’accès aux cartes, aux photos aériennes, aux statistiques est maintenant ouvert à tous. De plus la communication des ces informations géographiques ne passe plus toujours par des organes officiels, comme par exemple la contribution du public à la constitution des données géographiques, dessin et annotations de cartes, recueil de données géolocalisées (photos, article de wikipedia sur des lieux…), blogs de voyage, etc… De nouveaux acteurs, le citoyen, les politiques locaux, les ONG, les PME, … ont un accès aux données locales ce qui leur permet une meilleure appropriation de l’espace géographique (eg certaines régions du monde ont leur 1ères cartes non-militaires grâce à open street map). La décentralisation et la dé-hiérarchisation des moyens de (tele)-communications modifient la géographie du pouvoir : peuvent-elle favoriser l’organisation d’une vie culturelle et économique locale tout en donnant un meilleur accès au centre ? En quoi est-ce que les pratiques de la discipline «Géographie» s’en voient changées? Et les autres disciplines qui touchent aux caractères physique du monde et à l’activité humaine (par exemple l’architecture, la planification urbaine, …) ?
En regard de cette vision optimiste et décentralisée des nouveaux rapports à l’espace géographique, on peut contraster la persistance de « lois d’échelle » qui démontrent le caractère structurant des inégalités entre les lieux (par exemple les villes) dans le monde actuel, et la puissance des relations qui les construisent. Les physiciens intéressés par ce phénomène et les spécialistes des sciences sociales en donnent deux interprétations différentes, l’une statique, l’autre historicisée et moins « catastrophiste ». Ces deux perspectives invitent à penser le local et le mondial dans des relations qui ne relèvent plus seulement des perceptions et des comportements individuels, mais aussi des organisations sociales dans des niveaux d’échelle intermédiaire.

L’essor des technologies de l’information, de communication et de géolocalisation transforme le rapport de l’homme à l’espace géographique. En effet, le territoire est de plus en plus chargé d’informations géolocalisées, et la carte qui représente ce territoire s’enrichit et s’actualise en temps réel. Le territoire devient une carte à l’échelle 1:1. La carte devient le territoire. Cette capture à l’échelle du monde physique est augmentée par des couches d’informations invisibles fournies par de nouvelles sources de données: de l’imagerie spatiale infrarouges aux millions de capteurs géolocalisés que sont les téléphones portables, les caméras de surveillance, les capteurs météo, etc… La richesse et la résolution temporelle et spatiale des données numériques a crû de plusieurs ordres de grandeur et leur accumulation permet maintenant de révéler l’évolution dans le temps de phénomènes sociaux, environnementaux, économiques (ancrés dans l’espace).

Lorsque l’accès à ces nouvelles ‘informations géographiques devient universel, l’expérience de chaque individu et acteur avec son environnement s’en trouve changée. Autrefois réservé à l’État et aux grandes entreprises, l’accès aux cartes, aux photos aériennes, aux statistiques est maintenant ouvert à tous. De plus la communication des ces informations géographiques ne passe plus toujours par des organes officiels, comme par exemple la contribution du public à la constitution des données géographiques, dessin et annotations de cartes, recueil de données géolocalisées (photos, article de wikipedia sur des lieux…), blogs de voyage, etc… De nouveaux acteurs, le citoyen, les politiques locaux, les ONG, les PME, … ont un accès aux données locales ce qui leur permet une meilleure appropriation de l’espace géographique (eg certaines régions du monde ont leur 1ères cartes non-militaires grâce à open street map). La décentralisation et la dé-hiérarchisation des moyens de (tele)-communications modifient la géographie du pouvoir : peuvent-elle favoriser l’organisation d’une vie culturelle et économique locale tout en donnant un meilleur accès au centre ? En quoi est-ce que les pratiques de la discipline «Géographie» s’en voient changées? Et les autres disciplines qui touchent aux caractères physique du monde et à l’activité humaine (par exemple l’architecture, la planification urbaine, …) ?

En regard de cette vision optimiste et décentralisée des nouveaux rapports à l’espace géographique, on peut contraster la persistance de « lois d’échelle » qui démontrent le caractère structurant des inégalités entre les lieux (par exemple les villes) dans le monde actuel, et la puissance des relations qui les construisent. Les physiciens intéressés par ce phénomène et les spécialistes des sciences sociales en donnent deux interprétations différentes, l’une statique, l’autre historicisée et moins « catastrophiste ». Ces deux perspectives invitent à penser le local et le mondial dans des relations qui ne relèvent plus seulement des perceptions et des comportements individuels, mais aussi des organisations sociales dans des niveaux d’échelle intermédiaire.

Documents:

En guise d’introduction, quelques articles d’Internet Actu !

http://www.internetactu.net/2009/09/14/la-ville-est-un-cerveau/

http://www.internetactu.net/2009/03/04/quelle-ville-voulons-nous-offrir-quelle-ville-esperons-nous-recevoir/

http://www.internetactu.net/2009/09/21/critique-du-web%C2%B2-34-toutes-les-donnees-sont-devenues-personnelles/

http://www.internetactu.net/2008/10/27/un-manifeste-pour-la-geographie-numerique/

http://www.internetactu.net/2008/03/25/la-rue-comme-plateforme/

Les Systèmes d’Information Géographique (SIG)

Initiation aux SIG
http://www.notre-planete.info/geographie/outils/sig_4.php

Geographic Information Systems as an Integrating Technology: Context, Concepts, and Definitions
http://www.colorado.edu/geography/gcraft/notes/intro/intro.html

Comment les territoires virtuels ( communautés et réseaux structures sur le Web et via Internet) influencent-ils les territoires réels ( physiques : villes par ex) et vice-versa ?

La ville est le lieu des échanges et en particulier des échanges d’information, le web a-t-il, peut-il changer la dynamique des villes ?

Denise Pumain (2007)
An evolutionary theory for interpreting urban scaling laws
http://www.cybergeo.eu/index2519.html

Fabien Girardin (2009)
Quantifying urban attractiveness from the distribution and density of digital footprints
http://www.girardin.org/fabien/publications/girardin_et_al_digital_earth_pre_editing.pdf

Richard Florida (2005)
The World is Spiky
http://www.theatlantic.com/images/issues/200510/world-is-spiky.pdf

Saskia Sassen
Locating cities on global circuits
http://transnationalism.uchicago.edu/Locating%20Cities.pdf

Adam Greenfield
The Long Here, the Big Now, and other tales of the networked city
http://vimeo.com/2436640

Loïc Haÿ
Les villes face aux défis des nouvelles cartographies numériques
http://www.slideshare.net/loichay/les-villes-face-aux-dfis-des-nouvelles-cartographies-numriques

La réalité mixte. La carte et le territoire s’interpénètrent

Dan Hill
The Street as a Platform
http://www.cityofsound.com/blog/2008/02/the-street-as-p.html

Daniel Porta , Jan Conrad, 2008
UBIGIouS: a ubiquitous, mixed-reality geographic information system
http://portal.acm.org/citation.cfm?id=1378838

La « mode » des cartes et de la visualisation spectaculaire de données : avantages et risques ? analyse, modélisation, prédiction reléguées au 2ème plan ?

Denise Pumain (2009)
Géoadvertainment et géoéthique
http://www.cybergeo.eu/index21733.html

Boris Beaude  (entretien avec)
La carte : une lecture spatiale des contenus numériques géolocalisés
http://www.ludigo.net/index.php?rub=4&dossier=3&focus=203882&doc=209013&fsize=2

Nicolas Nova
Les médias géolocalisés
http://www.amazon.fr/M%C3%A9dias-G%C3%A9olocalis%C3%A9s-Nicolas-Nova/dp/2916571205

Outil de visualisation DYNAMIQUE
http://www.gapminder.org/

Impact du Web sur les enjeux et pratiques de la discipline Géographie ?

De nouveaux changements théoriques et conceptuels seront-ils induits par la technologie ?

Denise Pumain
Une approche de la complexité en géographie
http://geocarrefour.revues.org/index75.html

Violette Rey, 2002
Denise Pumain, Une géographie contemporaine : modèles et systèmes en analyse spatiale
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/general/geoquest/rm-12-12-02.htm

Le reseau Internet abolit-il la géographie ?
http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=715

Gabriel Dupuy (2002)
Internet, géographie d’un réseau
http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=261

Citoyens-capteur et intelligence collective : avantages et risques ?

Anne Galloway
The rise of the sensor citizen – community mapping projects and locative media
http://blogs.lib.ncsu.edu/MGLab/entry/the_rise_of_the_sensor

Boris Beaude et Emmanuel Eveno
Internet, c’est où ? Géographie d’internet
France Culture/ Place de la Toile ( 22/02/2008)
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/fiche.php?diffusion_id=60197

A l’ère du Web et de Wikipedia ( en 270 langues), qu’est-ce qu’un territoire ?

La génération de contenus sur Wikipedia dans les langues « minoritaires » a-t-elle une influence sur la structuration des territoires « géopolitiques » ? ( via la reconstitution de patrimoines culturels ..)

Frederic Lasserre
Les Hommes qui voulaient etre Rois
http://www.cybergeo.eu/index4397.html

Blogs et sites

http://www.cybergeo.eu/
http://girardin.org/fabien/
http://leblogdelaville.canalblog.com/
http://www.villes-internet.net/
http://www.cafe-geo.net/
http://www.espacestemps.net/
http://www.openstreetmap.fr/
http://www.urbanmobs.fr/fr/
http://www.webatlas.fr/

Enregistrement Vidéo:

Compte-rendu:

Written by joaquinkeller

22 septembre 2009 à 9:34

7 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Aujourd’hui l’abstraction n’est plus celle de la carte, du double, du miroir ou du concept. La simulation n’est plus celle d’un territoire, d’un être référentiel, d’une substance. Elle est la génération par les modèles d’un réel sans origine ni réalité : hyperréel. Le territoire ne précède plus la carte, ni ne lui survit.
    C’est désormais la carte qui précède le territoire – précession des simulacres – c’est elle qui engendre le territoire et s’il fallait reprendre la fable, c’est aujourd’hui le territoire dont les lambeaux pourrissent lentement sur l’étendue de la carte. C’est le réel, et non la carte, dont les vestiges subsistent çà et là, dans les déserts qui ne sont plus ceux de l’Empire, mais le nôtre. Le désert du réel lui-même.
    Baudrillard,Jean, Simulacres et simulation, Galilée, 1981
    http://livre.fnac.com/a114396/Jean-Baudrillard-Simulacres-et-simulation

    y

    28 septembre 2009 at 8:38

  2. […] week, I head to Paris for a gig at La Cantine on the theme “La Terre vue du Web“. I will team-up with Denise Pumain to discuss the ways information, communication and […]

  3. […] 7 octobre, a lieu à La Cantine à Paris de 18h-20h, une conférence intitulé « La Terre vue du Web« . Les intervenants sont […]

  4. […] part of a conference-debate on “La Terre Vue du Web” organized by Joaquín Keller and Christel Sorin, I gave a talk entitled “Pratiques […]


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :