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Singularité Technologique et Capitalisme Cognitif

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IntervenantsRésuméDocumentsVidéoCompte renduLe cycle de conférences

Date: Mercredi 25 Mars 2009, 19h-21h

Lieu: La Cantine. 151 rue Montmartre, Passage des Panoramas, Paris 2e.

Intervenants:

Résumé:

La singularité technologique est l’hypothèse que l’accélération de l’innovation et la croissance extraordinaire de certains paramètres (exemple: la capacité de calcul installée a été multipliée par un milliard en 30 ans) mènent l’économie et la société vers de grandes transformations.
Le capitalisme cognitif est l’un des rares programme d’études économiques prenant en compte l’accélération de l’innovation technologique et analysant l’impact social d’une économie centrée sur la connaissance.

Documents:

sur le Capitalisme Cognitif:
– Yann Moulier Boutang: Le capitalisme cognitif – La nouvelle grande transformation, Éditions Amsterdam, 2008
– Le capitalisme cognitif comme sortie de la crise du capitalisme industriel
http://matisse.univ-paris1.fr/capitalisme/
– Carlo Vercellone, Sens et enjeux de la transition vers le capitalisme cognitif: une mise en perspective historique
http://www.geocities.com/immateriallabour/vercellone-capitalisme-cognitif.html

sur la Singularité Technologique:
– le n° spécial de IEEE spectrum http://www.spectrum.ieee.org/singularity

– en français http://www.internetactu.net/2008/09/02/prochain-arret-la-singularite-14-des-courbes-qui-tendent-vers-linfini/

– début 2009 Google et la Nasa inaugurent la Singularity University http://singularityu.org/

Enregistrement Vidéo:

Note: La captation vidéo est incomplète pour cette session

Compte-rendu:

Le rapport ci-dessous est mis à disposition par Valérie Peugeot
selon les termes de la licence Creative Commons
Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France
Creative Commons License

Nota bene : ce rapport d’étonnement n’est ni un compte rendu analytique, ni une synthèse du débat mais plutôt un relevé de points qui ont intrigué/ intéressé/ surpris l’auteur de ces lignes. Il est donc par nature subjectif et incomplet, les vidéos en ligne étant là pour fournir une vision exhaustive du débat.
Il porte uniquement sur l’introduction du débat par Joaquin Keller et l’intervention de Pascal Jollivet, l’auteur de ces lignes n’ayant pu écouter l’intervention de Yann Moulier-Boutang.

Alors que bien souvent les économistes ignorent le phénomène de singularité technologique – phénomène qui décrit l’accélération de l’innovation technologique –, les chercheurs qui travaillent sur le capitalisme cognitif le prennent en compte. D’où l’organisation de cette rencontre entre deux thématiques a priori très éloignées l’une de l’autre et qui pose la question : comment la singularité raisonne-t-elle en économie ?
La singularité : de l’accélération à la rupture ?
L’idée selon laquelle l’accélération de l’innovation technologique pourrait déboucher sur une véritable « déchirure de la trame de l’histoire de l’humanité » comme l’évoque Ray Kurzweil, l’un des principaux promoteurs de ce concept, est très controversée. Mais elle a pour le moins le mérite de nous obliger à surveiller attentivement les rythmes de l’innovation, et à ne pas attendre pour prendre conscience des changements que cette dernière peut induire.
Joaquin Keller quant à lui semble convaincu qu’une série d’indicateurs convergent pour affirmer que la singularité technologique n’est pas qu’un hypothèse théorique : poursuite de la Loi de Moore dans le champs informatique (un iPhone est 1 million de fois plus petit et moins cher qu’un ordinateur d’il y a 40 ans pour une puissance 100 fois supérieure), courbe exponentielle des réseaux (le nombre de nœuds internet est passé en 5 ans de 20 000 à 80 000 dans les années 80 puis de 20 millions à 80 millions dans les années 90), envolée de l’énergie photovoltaïque (qui a dépassé le cap symbolique des 1% de l’énergie mobilisée en 2009), séquençage du génome humain industrialisé et à cout réduit, voitures sans chauffeur humain et ordinateurs contrôlés par la pensés en préparation dans les labos…
Certes la technologie poursuit son développement à un rythme inconnu dans l’histoire de l’humanité. Mais cela ne nous dit rien de la manière dont les sociétés vont digérer, absorber et/où rejeter ces innovation et surtout en quoi et comment elles en sortiront transformées. De là à penser que la civilisation humaine sera dépassée par les machines… ce fantasme qui a inspiré bien des auteurs de science fiction, semble encore  très hypothétique.
La singularité comme changement de substance du capitalisme
Yann Moulier Boutang semble également dubitatif face à une approche techno centrée : selon lui manquent à l’analyse la réintroduction des rapports de pouvoir et les conflits qui accompagnent ces derniers. La singularité technologique ne doit pas être vue uniquement comme un éloge de la science et comme un « passage du quantitatif au qualitatif » dit-il en citant Hegel, mais plutôt comme un témoignage du changement de substance du capitalisme.
Tout comme Pascal Jollivet, il s’interroge sur ce qui est au cœur du nouveau processus d’accumulation capitalistique. Pour les deux économistes, c’est l’interaction humaine intelligente, le processus cognitif qui est le fondement de ce capitalisme cognitif et non l’information et ses banques de données, en tant que telles.
Pascal Jollivet insiste sur le fait que l’information intrinsèquement n’a pas de valeur au sens économique du terme. Ce qui fonde sa valeur c’est la capacité d’action que celle-ci nous fournit. Il l’illustre par un exemple simple : connaître le taux de change $/€ ne m’est pas d’une grande utilité. En revanche lorsque cette information me permet de déterminer si je dois vendre ou acheter des devises, ou de me couvrir contre un risque monétaire en tant qu’entreprise de commerce internationale, elle prend de la valeur. Mais on voit bien que la valeur repose sur le sens que l’on donne à l’information grâce au processus cognitif, un processus partiellement ou totalement collectivisé.
Abondance informationnelle ou déplacement de l’accumulation ?
Au passage Pascal Jollivet bat en brèche les théories de l’abondance informationnelle apparues dans les années 90 dans le sillage de la « nouvelle économie », selon lesquelles le problème de la rareté et des rendements décroissants serait dépassé ; abobndance amènerait une nouvelle ère de croissance exponentielle, de prospérité économique et de bien être. A mon sens Pascal fait une lecture « agglomérée » de ceux qui ont évoqué l’abondance informationnelle. On trouve au contraire chez certains – pensons à Jacques Robin notamment –, une association entre abondance informationnelle et refus des logiques de croissance dont on sait aujourd’hui à quel point elles sont incompatibles avec une approche durable du développement humain.
Yann Moulier Boutang et Pascal Jollivet se rejoignent également pour tenter de comprendre en quoi la valeur travail est impactée par ce capitalisme cognitif, lorsque l’humain est assisté par des technologies et que le travail devient collectif, rhizomatique… Cette affirmation selon laquelle le travail deviendrait réticulaire et plus coopératif me semble ne recouvrir qu’une partie de la réalité de ce qui se passe au sein des entreprises déjà de plein pied dans le capitalisme cognitif : certes les outils du partage et de l’intelligence collective sont de plus en plus mis à disposition, mais paradoxalement ils génèrent une responsabilisation individuelle qui n’est pas sans s’accompagner de sentiment de solitude. Il y a une tendance actuelle à surestimer les capacités des organisations – et des humains qui les composent – à s’approprier de façon créative les outils collaboratifs.
Question que Yann Moulier Boutang pose d’ailleurs de façon plus globale : quelles logiques « d’empowerment » dans ce capitalisme cognitif qui génère de nouveaux rapports de domination? Qu’est ce qu’être citoyen à l’heure de la googelisation généralisée du monde ?

Written by joaquinkeller

21 septembre 2009 à 12:32

3 Réponses

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  1. Il est dommage que les sphères médiatiques et politiques, comme la société civile soient très attardées par rapport à ces transformations

    Jerome Nivard

    18 octobre 2009 at 8:58


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